Aller au contenu principal
Fermer

Meta accusé d'avoir "appâté" les enfants et "trompé" le public, en ouverture de son procès en Californie
information fournie par AFP 19/08/2026 à 02:50
Ajoutez Boursorama à vos sources préférées

Erin Popolo, dont la fille de 17 ans s'est suicidée, s'adresse aux médias devant le tribunal d'Oakland (Californie) ( AFP / Godofredo A. VÁSQUEZ )

Erin Popolo, dont la fille de 17 ans s'est suicidée, s'adresse aux médias devant le tribunal d'Oakland (Californie) ( AFP / Godofredo A. VÁSQUEZ )

Meta a-t-il "appâté" les enfants sur Instagram et Facebook en "cachant la vérité", ou chargé ses équipes d'identifier et de résoudre les problèmes d'usage excessif? Le premier procès fédéral contre le géant des réseaux sociaux s'est ouvert mardi à Oakland, près de San Francisco, sur deux récits inconciliables.

"Meta, l'une des plus grandes et des plus puissantes entreprises au monde, a mené une campagne pour tromper, pour induire en erreur ses utilisateurs, les législateurs, les enseignants et les parents", a fustigé Megan O'Neill, procureure générale adjointe de Californie, devant les jurés qui vont examiner l'affaire jusque fin septembre.

Le patron et cofondateur de Meta, Mark Zuckerberg, assiste à une audition de la commission judiciaire du Sénat américain, à Washington, le 31 janvier 2024 ( AFP / Brendan SMIALOWSKI )

Le patron et cofondateur de Meta, Mark Zuckerberg, assiste à une audition de la commission judiciaire du Sénat américain, à Washington, le 31 janvier 2024 ( AFP / Brendan SMIALOWSKI )

"Il n'y a pas de contestation possible sur le fait que Meta a à la fois reconnu que certaines personnes peuvent avoir du mal à gérer leur usage des réseaux sociaux et cherché à concevoir des outils pour les aider", a rétorqué Paul Schmidt, l'avocat du groupe.

La procureure avait qualifié ces outils de "barrières en papier de soie", seuls 0,2% des adolescents ayant réellement utilisé la fonction "faire une pause".

Déjà condamné deux fois cette année pour son impact sur des mineurs, Meta affronte ici quatre Etats américains qui lui réclament près de 200 milliards de dollars de pénalités et une refonte de ses deux applications phares.

La Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey mènent ce procès, en chef de file d'un total de 29 procureurs généraux qui poursuivent le groupe de Menlo Park depuis 2023.

Ce procès s'inscrit dans un vaste contentieux aux Etats-Unis, qui vise aussi TikTok, Snapchat et YouTube, poursuivis par des familles, des collectivités scolaires et des Etats pour les effets nocifs des plateformes.

Tous gardent en tête le précédent du tabac: les quatre grands cigarettiers, dont la transaction de 1998 pour clore les poursuites de dizaines d'Etats américains est devenue une référence historique, ont versé depuis plus de 176 milliards de dollars et paient encore 9 milliards par an.

"Aucune entreprise, aussi riche, aussi influente, aussi intouchable qu'elle se croie, ne devrait pouvoir se placer au-dessus de la vérité, de la loi et de nos enfants", a déclaré aux médias Lori Schott, venue manifester au tribunal avec d'autres mères qui accusent les réseaux sociaux d'avoir détruit la santé mentale de leurs enfants.

193 milliards

L'accusation tient en trois volets: Meta aurait menti sur la nocivité de ses applications pour les adolescents, conçu certaines fonctionnalités pour les retenir, et collecté les données d'enfants de moins de 13 ans sans consentement parental, en violation d'une loi fédérale.

Pour la défense, qui conteste toute tromperie, l'affaire se résume à un désaccord sur la manière dont Meta a cherché à s'améliorer.

Les procureurs ont entamé la bataille en projetant des documents internes dans lesquels des salariés écrivaient que les fonctionnalités du groupe "exploitent les faiblesses de la psychologie humaine".

"Ce document a été écrit par des gens dont la mission est de s'assurer que Facebook ne cause aucun préjudice", a objecté Paul Schmidt, décrivant des équipes qui "identifient les problèmes et travaillent à les résoudre".

Les deux camps ont livré deux versions d'un épisode devenu central dans le contentieux: l'autorisation sur Instagram des filtres imitant la chirurgie esthétique.

Meta les avait suspendus, consulté des experts qui ont recommandé de les bannir, puis Mark Zuckerberg avait décidé de les rétablir en 2020 après avoir été informé de l'impact sur la croissance, avance l'accusation. Non, répond la défense: faute de données solides sur les dangers, le respect de la liberté d'expression l'a emporté.

Jury consultatif

Les procureurs généraux ont dénoncé une stratégie de "diversion": "Ils se raccrochent aux branches", a lancé lors d'une conférence de presse le procureur général de Californie Rob Bonta.

Pour conclure la journée, Arturo Bejar, ancien ingénieur de Meta devenu une figure du combat des familles, a été le premier témoin interrogé.

A son embauche, a-t-il raconté, le slogan "Move fast and break things" (Avancez vite et cassez des choses) régnait: "Il fallait mettre les produits entre les mains des utilisateurs le plus vite possible; par conséquent, les considérations de sécurité passaient après."

Les huit jurés rendront un verdict consultatif fin septembre ou début octobre. Et c'est la juge Yvonne Gonzalez Rogers, connue pour avoir sanctionné Apple et arbitré le récent procès entre Elon Musk et OpenAI, qui tranchera seule.

Mark Zuckerberg est le témoin vedette annoncé, mais non confirmé. Sa première comparution devant un jury, en février à Los Angeles, s'était soldée par une condamnation historique, dont Meta a fait appel.

Valeurs associées

310,0300 USD NASDAQ +1,45%
543,6700 USD NASDAQ -4,45%

0 commentaire

Signaler le commentaire

Fermer

A lire aussi

  • La présidente de la Cour pénale internationale (CPI), Tomoko Akane, au Japan National Press Club à Tokyo, le 14 juin 2024 ( AFP / Kazuhiro NOGI )
    information fournie par AFP 19.08.2026 11:16 

    Le Japon a jugé mercredi "très regrettables" les sanctions américaines contre la présidente de la Cour pénale internationale (CPI), la Japonaise Tomoko Akane, dans le cadre d'une offensive contre cette institution que Washington accuse d'être "politisée". Ces sanctions, ... Lire la suite

  • Les valeurs de la journée sur les marchés américains (Crédit: Scott Beale / Flickr)
    information fournie par Reuters 19.08.2026 11:15 

    Principales valeurs à suivre mercredi à Wall Street, où les contrats à terme sur les principaux indices suggèrent une ouverture presque inchangée pour le Dow Jones .DJI (-0,02%), pour le Standard & Poor's 500 .SPX (+0,04%) et pour le Nasdaq .IXIC (+0,05%):

  • Les marchés boursiers mondiaux sont parvenus mercredi à battre quelques records ( AFP / Eric PIERMONT )
    information fournie par AFP 19.08.2026 11:12 

    La Bourse de Paris affichait un certain appétit pour le risque mercredi matin, à contre-courant du reste des marchés qui hésitaient en Europe ou se repliaient en Asie et à Wall Street. Vers 10H30 (08H30 GMT), l'indice CAC 40 progressait de 27,26 points (+0,32%) ... Lire la suite

  • Un navire au large de Charjah, aux Emirats arabes unis, le 3 août 2026 ( AFP / - )
    information fournie par AFP 19.08.2026 11:04 

    L'Iran a prévenu mercredi les pays du Golfe contre toute assistance à l'armée américaine, après la décision des Emirats arabes unis de suspendre leurs échanges commerciaux avec Téhéran, sur fond d'intensification des tensions régionales. "Toute assistance ou facilitation ... Lire la suite

Mes listes

valeur

dernier

var.

0,1198 -9,10%
0,602 -12,63%
8 533,62 +0,29%
111,75 -1,72%
92,28 +1,04%
Chargement...